GUINEE

      Situation institutionnelle


             

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          Décentralisation, déconcentration
Partis politiques
Syndicats
Droits de l'homme
Médias

    
 
La mise à jour de cette notice a été faite par M. Sory Baldé,
étudiant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV 

 

La Guinée a été dirigée de 1958 à 1984 par Ahmed Sékou Touré, dont le régime a été l’un des plus décriés pour son autoritarisme. A sa mort en 1984, le colonel Lansana Conté prend le pouvoir à la tête d’un conseil militaire qui instaure un régime d’exception tout en permettant rapidement néanmoins, le retour au pays de centaines de milliers d’exilés. Mais les autorités ne parlent pas de système concurrentiel intégral malgré l’adoption le 23 décembre 1990 par référendum, d’une nouvelle Constitution. Celle-ci en effet, limite le nombre de partis à 2 et prévoit une période transitoire de 5 ans censée conduire à l’instauration de l’Etat de droit.

Cependant, des mouvements de revendication démocratique commencent à se développer dans le courant de l’année 1991 avec la mobilisation des scolaires, des syndicats et des sensibilités politiques. En octobre, le Président Conté est obligé d’annoncer la légalisation de tous les partis politiques pour le 3 avril 1992. En décembre, la Constitution adoptée une année plus tôt est finalement promulguée. Mais la contestation ne faiblit pas, avec cette fois, la revendication de la tenue d’une conférence nationale. Le pouvoir promulgue la loi sur la presse le 3 avril comme annoncé et remanie le gouvernement pour endiguer la tension. L’opposition ne parvient pas à obtenir la tenue d’une conférence nationale en raison de sa division.

Le processus démocratique guinéen est de ce fait, largement organisé et contrôlé par le pouvoir. Les premières élections présidentielles concurrentielles se tiennent finalement le 19 décembre 1993 sans qu’une conférence nationale se soit tenue. Le Président Lansana Conté, auquel s’opposaient 7 autres candidats, est déclaré vainqueur dès le premier tour avec 50,93% des suffrages exprimés. Ses principaux adversaires ont été crédités respectivement de 20, 85% pour Alpha Condé, 13,11% pour Mamadou Bâ, 11,64% pour Siradiou Diallo. Les partis d'opposition ont cependant critiqué les irrégularités et des fraudes du gouvernement et en particulier l'annulation des votes de deux circonscriptions qui étaient des bastions de l'opposition.

En juin 1995, les élections législatives prévues initialement pour se tenir en décembre 1992 ont finalement lieu. Elles sont remportées par le parti de l’unité et du progrès (PUP) du Président Conté. L'opposition a déclaré nuls les résultats de ces élections législatives du 11 juin 1995 et comme lors des présidentielles, elle a dénoncé les fraudes et les manipulations des chiffres. Il est à noter qu'une Commission nationale électorale définie comme indépendante, a été créée par le gouvernement pour surveiller le bon déroulement des élections, mais que dans les faits, cette Commission est sous l'influence du gouvernement.

En février 1996, le régime du Président Conté a échappé de peu à une rébellion militaire qui a ensanglanté la capitale Conakry pendant quelques jours. Le pouvoir parvient finalement à un accord avec les insurgés. La nomination de Sidya Touré au poste de Premier ministre en juillet 1996 a été suivie d’une relative accalmie sur la plan politique, vite rompue avec la campagne pour l’élection présidentielle de décembre 1998. Celle-ci a été marquée par des violences qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Comme en 1993, le scrutin du 14 décembre 1998 a été remporté dès le premier tour par le Président Conté, crédité de 56,12% des suffrages. Comme en 1993, l’opposition ne reconnaît pas la légitimité du pouvoir qu’elle estime fondée sur la fraude électorale. Alpha Condé, leader de Rassemblement du peuple guinéen (RPG) est arrêté et emprisonné au lendemain de l'élection du 14 décembre 1998. Plusieurs personnalités guinéennes et étrangères ont dénoncé l'arrestation du plus sérieux opposant civil à Lansana Conté. Il importe de noter que même le Président de l'Assemblée Nationale guinéenne a protesté contre l'arrestation de celui qu'il considère comme un député et donc jouissant de l'immunité parlementaire qui n'a jamais été levée par l'Assemblée nationale de Guinée. Jugé depuis le 12 avril par la Cour de sûreté de l'Etat, une juridiction d'exception, pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", Alpha Condé a été condamné le 11 septembre 2000 à 5 ans de réclusion criminelle à perpétuité.

Les élections législatives prévues pour le 26 novembre 2000 ont été reportées par décret présidentiel en raison de la tension dans les régions frontalières de la Sierra Leone et du Libéria, victimes d'attaques rebelles ayant occasionnées plusieurs centaines de victimes civiles et d'importants déplacements de populations. Pour éviter un embrasement général de la situation en Guinée, les Etats membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont décidé de déployer un contingent armé aux frontières guinéennes pour empêcher l'incursion des rebelles à partir des pays voisins. Si le processus démocratique guinéen est en panne depuis quelques années, l'insécurité sur une partie du territoire n’a fait que compliquer la situation.

Les élections législatives se sont finalement tenues le 30 juin 2002. Elles ont été boycottées par la majorité des partis de l’opposition et tenues en suspicion par les pays occidentaux, qui ont refusé d’en assurer le financement. Les résultats sont proclamés en juillet 2002.

La majorité présidentielle totalise 90 députés dans le nouveau Parlement contre 24 élus pour l'opposition.

S'étant désolidarisé à la veille du scrutin des autres formations de l'opposition, pour jouer le rôle de faire valoir au gouvernement dans l'organisation de ce scrutin controversé, l'UPG de l'ancien journaliste de Jeune Afrique Siradiou Diallo, est artificiellement propulsé au rang de deuxième formation politique du pays avec une vingtaine de députés au parlement.

Selon les résultats proclamés le 08 juillet par M. Moussa Solano, le ministre de l'Administration du territoire, sur les : 4 458 871 électeurs inscrits, quelque 3 209 458 d'entre eux auraient exprimé valablement leurs suffrages.

Ce qui donne un taux de participation de 72, 47 %.

 

La Loi fondamentale de 1990 institue un régime présidentiel. A la tête de l'Etat, le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour cinq ans. Son mandat est renouvelable une fois. Il est chargé de former le gouvernement dont il est le chef, et les ministres sont responsables devant lui. C’est finalement un régime très présidentialiste : le chef de l’Etat nomme à tous les emplois, et les anciens présidents prennent place sur le plan protocolaire juste après le Président de la République en exercice. La Constitution stipule qu’il peut, après consultation du Président de l'Assemblée nationale, soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, les libertés et droits fondamentaux (art. 45-1). Contrairement à la doctrine habituelle en régime présidentiel, le Président de la République peut dissoudre l'Assemblée nationale en Guinée. Toutefois, il doit démissionner si le peuple renvoie au Parlement la même majorité.

Le Parlement est constitué d’une chambre unique, l'Assemblée nationale. Ses quelques 120 députés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. L’Assemblée issue des élections législatives de 1995 est dominée par le Parti de l'unité et du peuple (PUP), le parti du Président Conté qui dispose d'une majorité absolue. Les députés de l'opposition ne sont pas plus d'une quarantaine. Le Président en exercice de l'Assemblée nationale est Boubacar Biro Diallo. Les élections législatives prévues en juin 2000, puis en novembre de la même année ne sont toujours pas organisées.

En matière constitutionnelle, la loi guinéenne n’a pas prévu d’organe spécialisé. C’est la Cour Suprême qui est compétente en matière de contrôle de constitutionnalité des lois, en matière de conflits d’attributions entre le Président de la République et l'Assemblée nationale et en matière de contentieux électoral. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.

La Constitution guinéenne prévoit aussi une Haute Cour de justice compétente pour juger les hautes personnalités de l’Etat et un conseil économique et social qui dispose des compétences consultatives.

 

Le pouvoir judiciaire est exercé en Guinée par les cours et les tribunaux, avec la Cour Suprême comme la plus haute instance. C’est elle qui est compétente pour connaître des recours en cassation. La loi accorde l’inamovibilité aux magistrats du siège et consacre l’indépendance de la justice, mais dans les faits, les magistrats ont du mal à se dégager de l’emprise du pouvoir. Le pouvoir n'utilise pas à faire recours à des juridictions d'exceptions dans le cadre des procès contre les opposants.

 

La mise en œuvre de la décentralisation en Guinée est l’œuvre de la Direction Nationale de la Décentralisation (DND). Celle-ci est placée sous l’autorité du ministre chargé de l’intérieur et de la décentralisation. Elle est à l’origine des avant-projets de textes qui forment la nouvelle législation sur la décentralisation en Guinée. Sous sa houlette a été exécuté le programme pluriannuel de mise en place des nouvelles administrations communales adoptée en 1986. Ce programme a été achevé en 1992.

L’un des principaux défis que lance la décentralisation en Guinée, c’est le dessaisissement réel par l’Etat de certains de ses pouvoirs au profit d’autres entités publiques décentralisées et de devoir gouverner selon une logique de coopération avec les forces locales. Il y a aussi la décentralisation des zones rurales par la mise en place effective des communautés rurales et leur équipement. Actuellement, les élus locaux demandent la mise en place d’un Conseil national de Développement des collectivités locales, organisme de composition paritaire (gouvernement, élus locaux) pour suivre la mise en place effective de nouvelles structures décentralisées et négocier les modalités pratiques des transferts de compétences et de ressources au profit des collectivités locales.

La Guinée a recherché dans la conception de la décentralisation un compromis entre les deux types de légitimité en action au sein des collectivités locales : la légitimité démocratique et la légitimité sociale. Ces deux légitimités se trouvent représentées es qualité au sein des conseils des collectivités locales. Les conseils locaux (conseil de ville, conseil communal et conseils communautaires) présentent ainsi une composition bipartite :
1.    des représentants de la population élus au suffrage universel direct,
2.    des représentants des groupements à caractère économique et social, désignés par l’autorité de tutelle.

La définition des compétences communales est bien définie par les textes mais n’est pas totalement réalisée du fait d’un grand déficit des communes en ressources humaines. Le gouvernement a publié un Programme national de développement municipal (1996-2001). Ce programme a été approuvé par les élus locaux et les organisations socio-professionnels. Dans le cadre de ce programme, des agents et cadres des services techniques déconcentrés sont mis à la disposition des administrations locales. Mais pour l’heure, ils restent en réalité sous le commandement du Gouverneur, du Préfet et du Sous-Préfet.

Le système de tutelle demeure le contrôle a priori. La tutelle s’exerce sur les actes et sur la personne des autorités locales. Sur les actes, l’autorité de tutelle a les pouvoirs d’approbation, d’autorisation préalable et d’annulation. Sur les personnes, l’autorité de tutelle a le droit de suspension, de substitution, d’inspection et de révocation. La tutelle sur les communes et la ville de Conakry est exercée par le Gouverneur qui est en même temps l’Exécutif de la Ville. A l’intérieur du pays, les gouverneurs, les préfets et sous-préfets assurent la tutelle sur les communes urbaines et sur les communautés rurales de développement pour le compte du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.

Le fonctionnement effectif des collectivités communales est hypothéqué par des déficits en ressources dans de nombreux domaines. Les finances locales sont presque inexistantes dans la plupart des municipalités. Au niveau national, la décentralisation et le développement municipal ne sont pas expressément pris en compte dans la politique budgétaire de l’Etat. Il n y a pas de ligne de crédit destiné à financer le développement municipal. Finalement, les marges d’une politique autonome des municipalités sont très réduites. Il y a un besoin urgent de réforme de la fiscalité locale ainsi que de la mise en place d’une institution de crédit aux municipalités afin de permettre aux municipalités de disposer de moyens d’une réelle autonomie financière. Le déficit en ressources humaines est tout aussi préoccupant malgré le détachement de cadres de la fonction publique d’Etat auprès des communes.

 

Depuis l'instauration du multipartisme, une quarantaine de partis politiques ont vu le jour aux côtés du parti de l’unité et du progrès (PUP), majoritaire contesté à l'Assemblée nationale. Les quatre partis d'opposition les plus importants sont : le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé, l'Union pour une nouvelle République (UNR) de Mamadou Bâ, le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Siradiou Diallo, le Parti démocratique de Guinée-RDA (PDG-RDA) de Marcel Coste.
Ces quatre partis, et huit autres formations, ont formé le 6 juin 1995 une coalition contre le PUP du Président Conté baptisée Coordination de l'opposition démocratique (COD). Le coordinateur en était Mamadou Bâ et le secrétaire général Alpha Condé. Ils n’ont cependant pas réussi à s’unir contre le Président Conté lors de la présidentielle de 1998. En mai 2000, Sidiya Touré, l'ancien Premier ministre a été investit Président de l'Union des forces républicaines (UFR) crée en 1992.

 

Le pluralisme syndical et la liberté d’association sont prévus par la Constitution guinéenne, mais les syndicats ont des possibilités d'action des plus limitées et une capacité de mobilisation très faible. La principale organisation syndicale du pays est la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG). L’Association des journalistes de Guinée (AJG) et l’Union des journalistes de la presse de langue française (UJPLF) sont des syndicats sectoriels. Le premier est l’un des syndicats influents en Guinée.

 

CONTEXTE HISTORIQUE
En 1958 la Guinée a voté dans un référendum pour être indépendante de la France Gaulliste. De 1958 jusqu'à 1962, le Président du pays, Sekou Toure, tolérait les politiques multi-parti. Cependant, après il a commencé à purger le pays de ses intellectuels et des classes professionnelles, et le gouvernement a adopté une politique d'état d'une parti, une approche qui était à cette époque très en vogue en Afrique.

Sous Sekou Toure, la Guinée a connu un règne répressif, personnelle, que ne permettait pas le développement de n'importe quelle institution autonome politique ou sociale. Le parti dominant et l'état se fusionnaient, et tous les organes de l'état étaient subordonnés à l'exécutif, qui, en réalité, était le Président Sekou Toure. La corruption de haut niveau devenait la norme. L'état a aussi emprunté le caractère du groupe ethnique du Président, le Malinké. Le régime a purgé ou exilé des membres d'autres ethnies, tandis que d'autres étaient tués, torturés, "ont disparu" ou étaient emprisonnés sous les lois préventives de détention. Cette période se traduisait aussi dans le déclin économique du pays. Les entrepreneurs économiques ne pouvaient pas prospérer dans un climat où les bourses d'études et les discours politiques étaient interprétés comme des notions en conflit avec la politique établie et n'étaient donc pas encouragés.

A travers cette période, la position officielle guinéenne sur les droits de l'homme disait que les droits collectifs du peuple passaient avant les droits individuels--une excuse que le gouvernement a employée pour justifier beaucoup de violations des droits de l'homme. La Guinée a ratifié la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples en 1982.

Sekou Toure mourait en 1984, et l'armée sous le Général Lassana Conte saisissait le pouvoir politique. Le Général Conte promettait de libéraliser la Guinée politiquement et économiquement, qu'il faisait dans une certaine mesure. Pendant les années 90, comme ailleurs sur le continent, les forces démocratiques ont émergé à exiger un retour à un système multipartite. Les élections avaient lieu, bien qu'ils aient aussi amené la polarisation existante parmi les trois ethnies dominantes, le Foula, Malinké et Soussou. Le Général Conte gagnait les élections, bien que certains contestent les résultats. Il a été assermenté en 1994 sous une nouvelle Constitution.

La Constitution mentionne d'une façon explicite la protection de libertés et de libertés individuelles. Pourtant, depuis les élections, le gouvernement s'est graduellement transformé dans la dictature, et contrôle la société civile de plus en plus. Les adversaires du parti dominant sont sujets aux attaques et aux menaces. Les médias restent dominés par l'état, et les maisons de presse privées sont intimidées. Il y a une présence militaire forte dans la ville de Conakry, avec des barricades et des interrogations à chaque arrêt.

Le gouvernement refuse de reconnaître les ONG, qu'il voit comme des "adversaires". Par exemple, jusqu'à présent, il a refusé de répondre à l'application pour l'enregistrement légal de l'Organisation Guinéene de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen. Les institutions civiles en Guinée sont très faibles et virtuellement inexistantes. Quand elles existent, elles sont dirigées par des gens qui n'ont pas été exposés à la démocratie depuis les années de Sekou Toure. Le pouvoir judiciaire, qui est un organe vital dans la protection des droits de l'homme, est manifestement corrompu et incompétent avec des conditions de service très pauvres. Les officiers de police et l'armée ne sont pas moins corrompus. En effet, la corruption affecte presque chaque aspect de la vie sociale, ce qui résulte dans des conditions économiques pauvres. En réalité, il n'y a même pas la moindre notion d'une culture démocratique moderne en Guinée.

LES ORGANISATIONS DES DROITS DE L'HOMME

Association Guinéene des Droits de l'Homme

Histoire
L'Association Guinéene des Droits de l'Homme a été formée quand certains membres de l'Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (OGDDH) ont décidé que l'OGDDH était devenue très politisée, prenant le côté d'un des partis politiques. Ils ont quitté l'OGDDH pour former leur propre ONG des droits de l'homme apolitique, indépendante, l'Association, en 1992.
Mandat
Le mandat de l'Association est de promouvoir et de protéger les droits de l'homme en Guinée.
Structure
L'Association a une assemblée Générale, qui est l'organe qui prend les décisions suprêmes et qui détermine la politique à suivre. Il y a un Comité Exécutif, composé du Président, du Vice-Président, du Secrétaire Général, du Trésorier et des assistants.
Programme
L'Association a visité des prisons et a fait des rapports sur ses résultats. Elle a embarqué sur les programmes de sensibilisation et d'instruction des droits de l'homme en Guinée, et a traduit les instruments des droits de l'homme dans les langues locales principales de Guinée. Elle a aussi éduqué le peuple sur le système électoral avant les élections.

Association Guinéenne des Enfants

Histoire
Pendant le règne de Sekou Toure beaucoup d'enfants ont perdu leurs parents et familles, qui étaient soit tués soit morts en détention. Après le coup d'état de 1984, le pays a commencé à libéraliser, et un nombre de ces enfants a décidé de former une organisation pour défendre leurs droits. L'Association Guinéenne des Enfants a été créée en 1992.
Mandat
Le mandat de l'Association est:
- d'éduquer le grand public pour empêcher une répétition des violations des années de Sekou Toure;
- de lutter pour la réhabilitation de ceux qui ont perdu leurs parents, leur propriété et leur éducation; et
- de convertir les camps de concentration de la Guinée de Sekou Touré dans des monuments de souvenir.
Structure
Une assemblée Générale élit un Comité Exécutif pour réaliser ses décisions.
Programme
L'organisation est entraînée dans la plaidoirie des droits de l'homme. Elle organise des manifestations pour commémorer le massacre par le gouvernement de Sekou Touré de ses adversaires dans les années 60 et 70.

Commission Africaine des Promoteurs de la Santé et des Droits de l'Homme-Guinée
(CAPSDH)

Une réunion organisée au Congo-Brazzaville en 1989 a développé une initiative pan-africaine, la Commission Africaine des Promoteurs de la Santé et des Droits de l'Homme (CAPSDH), pour traiter les problèmes de santé liées aux droits de l'homme. En 1993 la section guinéenne a été formée pour se concentrer sur le droit de la santé en Guinée. CAPSDH a aussi des sections au Ghana et Congo.
Mandat
L'objectif principal de la Commission est de promouvoir les droits de l'homme en général, avec l'accent sur le droit de la santé.
Structure
Aux niveaux régionaux et nationaux, l'organe qui prend les décisions importantes est une assemblée Générale. Il y a un Comité Exécutif National pour chaque pays, qui est autorisé à réaliser ses propres politiques nationales. Le Comité Exécutif est composé d'un Président, un Vice-Président, un Secrétaire Général, un Trésorier et des assistants.
Programme
La CAPSDH-Guinée a travaillé pour la réhabilitation psychologique des prisonniers politiques libérés, et organisé des séminaires sur les droits de l'homme.

Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (OGDDH)
Histoire
Pendant le règne de Sekou Touré il n'existait pas de forum ou organisation des droits de l’homme qui permettait les habitants de discuter les problèmes politiques concernant le pays. Quand l'armée a repris le pouvoir, elle a promis quelque libéralisation, dont des universitaires, journalistes, et avocats ont décidé de prendre avantage. Cela a mené à la création de l'Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (OGDDH) en 1990.
Mandat
Le mandat de l'Organisation est:
- la promotion des droits de l'homme;
- l'éducation des droits de l'homme et la sensibilisation; et
- mener des campagnes pour protéger les droits de l'homme.
Structure
Le corps suprême de l'Organisation est l'assemblée Générale, qui élit un Comité Exécutif composé du Président, du Vice-Président, du Secrétaire Général, du Trésorier, d'un Secrétaire pour les relations externes, et de divers comités.
Programme
OGDD a organisé des séminaires et des carrefours pour le grand public, et pour les membres des forces de sécurité. Elle commémore des jours notables des droits de l'homme, par exemple, le Jour de la Charte Africaine et le Jour International des Droits de l'Homme (le 21 octobre et le 10 décembre respectivement). Elle fait des rapports en cas de violations, et elle publie un rapport annuel sur l'état des droits de l'homme dans le pays.
Aujourd'hui, la situation des droits de l'homme s'est sans aucun doute améliorée, mais de grands progrès restent encore à faire. L'intimidation, parfois violente, est en particulier encore largement pratiqué contre tout opposant au régime ou fauteur de trouble potentiel. Les forces de sécurité ne se défont qu'avec grande difficulté des habitudes prises sous le régime dictatorial précédent, et la nature autoritaire du régime actuel ne favorise pas une rapide évolution de leur part. On trouve une Ligue guinéenne des droits de l’homme, mais Amnesty International fait état dans ses rapports annuels de violations des droits de l’homme, notamment contre les militants des partis d’opposition.
Le dirigeant d'opposition Alpha Condé ( leader du Rassemblement pour le peuple guinéen RPG) et deux autres prisonniers d'opinion ont été libérés de prison en mai 2002 à la faveur d'une mesure de grâce présidentielle.
Ils avaient été condamnés à des peines d'emprisonnement après avoir été reconnus coupables en septembre 2000, en même temps que sept autres personnes, d'atteinte à la sûreté de l'État.
Leur procès devant la Cour de sûreté de l'État n'avait pas été conforme aux normes internationales relatives à l'équité des procès. Alpha Condé s'est vu officiellement interdire toute activité politique en Guinée en raison de son casier judiciaire.
Concernant la peine de mort, les exécutions ont repris, alors que les dernières en date remontaient à 1984.
Quatre personnes ont été exécutées en février 2002 et trois autres en avril de la même année.
Au mois de juillet, 22 personnes ont été condamnées à mort.
Elles avaient été reconnues coupables de meurtre après la mort de 33 personnes lors d'affrontements survenus à Konissérédou en avril 2000 à l'occasion d'un litige foncier.
Sources : Amnesty International, Rapport 2002
Human Rights Library (University of Minnesota)

 

Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatre régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l’antenne de la radio. En Guinée, c’est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue.

Dans cette perspective, le Français constitue "une langue parmi les autres". Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n’existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.

Dans le domaine de la télévision, l’État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).

La plupart des médias écrits n’emploient que le Français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l’unilinguisme français pour l’appareil de l’État, incluant l’école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique — ce qu’on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.

Après avoir été un «précurseur» dans l’utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l’État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l’improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l’État s’en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l’usage officiel du français, l’un des facteurs essentiels du développement économique.

Comme pour les droits de l'homme, la liberté de la presse a fait de réels progrès au cours des dernières années. Les titres sont peu nombreux et les moyens faibles. Sans pour autant que les médias puissent encore écrire ce que bon leur semble en toute impunité (éventualité de condamnations judiciaires). Plusieurs journaux ont été saisis et des journalistes interpellés par les forces de sécurité. Malgré tout, la possibilité existe aujourd'hui en Guinée d'émettre des opinions les plus variées sur des sujets les plus divers. Ainsi, à côté de l'organe officiel du pouvoir, le quotidien Horoya, existe une presse proche de l'opposition dont le principal titre est l'hebdomadaire L'Indépendant. Il existe même un journal satyrique, le Lynx. La radio et la télévision nationale sont quasi monopolistiques. Les problèmes de la presse sont surtout relatifs au peu de moyens et au faible nombre de titres.


 

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